Photo : Patrick Boguet (à gauche) et Nicolas Dentz (à droite), repreneurs de Brumest.
Plus de vingt ans d’amitié, une première aventure entrepreneuriale commune et, aujourd’hui, une entreprise à faire grandir. En mai 2026, Patrick Boguet et Nicolas Dentz ont repris Brumest, spécialiste de la brumisation haute pression. Une transmission qui marque pour eux le début d’un nouveau chapitre.
Tout commence sur les bancs de STAPS
L’histoire de Patrick Boguet et Nicolas Dentz commence il y a plus de vingt ans, sur les bancs de STAPS à l’Université de Strasbourg.
Tous deux suivent un Master en marketing et gestion du sport. À la sortie de leurs études, ils se lancent déjà ensemble dans l’entrepreneuriat en créant une agence de conseil en marketing et mécénat sportif.
Patrick quitte l’aventure après deux ans. Le commercial pur lui correspond moins et son parcours l’emmène progressivement vers un autre univers : l’informatique, jusqu’à exercer des fonctions de DSI.
Nicolas poursuit quant à lui un parcours davantage tourné vers le marketing, le commerce et le développement d’activité.
Deux trajectoires différentes, mais plus de vingt ans d’amitié et une envie d’entreprendre qui ne disparaît jamais vraiment.
Des années plus tard, lorsqu’ils envisagent une nouvelle aventure professionnelle, ils font un choix différent : cette fois, plutôt que de créer, ils veulent reprendre.
Puis il y a Brumest
En juillet 2025, une annonce publiée sur le site de Michel Simond Alsace attire leur attention : une entreprise spécialisée dans le matériel de brumisation est à céder.
Ils découvrent alors Brumest, créée en 2012 et dirigée depuis son origine par son fondateur, Denis Simon, alors âgé de 72 ans, avec son épouse.
Ils connaissent encore peu cet univers. Mais ils découvrent rapidement une activité de niche, un véritable savoir-faire et surtout une technologie dont les applications sont beaucoup plus nombreuses qu’ils ne l’imaginaient.
La reprise présente aussi à leurs yeux un avantage important : elle permet de partir d’une activité existante, avec un chiffre d’affaires, des clients, des fournisseurs, des références et un savoir-faire déjà éprouvé.
Après plusieurs mois d’échanges et de préparation, l’aventure se concrétise : la reprise est officiellement signée fin mai 2026. Tout au long du processus, ils ont été accompagnés par Jean Golder, du cabinet Michel Simond Alsace.
Reprendre une entreprise, mais surtout un savoir-faire
Patrick et Nicolas ne reprennent pas seulement un nom et un portefeuille clients.
En quatorze années d’activité, le cédant a développé une connaissance fine de la brumisation haute pression, de ses produits et de ses multiples applications.
Il a également conçu des outils particulièrement aboutis, dont un guide très complet permettant aux clients de monter eux-mêmes leur ligne de brumisation.
Car le modèle de Brumest a une particularité importante : l’entreprise propose des solutions sur mesure et accompagne ses clients dans leur projet, mais elle n’est aujourd’hui ni fabricant ni installateur. Son expertise consiste à comprendre le besoin, conseiller, dimensionner l’installation et fournir le matériel adapté. Le client peut ensuite réaliser lui-même le montage grâce aux supports mis à sa disposition.
Pour assurer une transmission progressive, Patrick et Nicolas bénéficient également de plusieurs mois d’accompagnement du cédant durant leur première saison, notamment sur les produits, le support technique et le SAV.
Un passage de relais précieux pour s’approprier un métier qu’ils découvrent encore.
Pas de salariés à reprendre… et cela convient plutôt bien à Patrick
Le cédant gérait Brumest avec son épouse. Il n’y avait donc aucun salarié à reprendre.
Une configuration qui permet aux deux associés de conserver une structure légère et qui, il faut bien l’avouer, arrange plutôt Patrick.
Avec beaucoup d’autodérision, cet ancien DSI résume les choses à sa manière :
« Gérer l’humain, ce n’est pas dans mon logiciel ! »
Une petite phrase qui fait sourire, mais qui révèle aussi quelque chose de leur complémentarité.
Nicolas est davantage tourné vers le marketing, le commercial et le développement. Patrick, lui, aime les outils, les systèmes, les process et l’optimisation.
Deux profils différents qui commencent désormais à mettre leurs expertises respectives au service de Brumest.
Un premier été directement dans le grand bain
La signature intervient fin mai. Et quelques semaines plus tard, les fortes chaleurs arrivent.
Pour leur première saison à la tête de Brumest, Patrick et Nicolas n’auront donc pas vraiment droit à une période d’observation. La canicule fait décoller les demandes et les commandes s’enchaînent. Le rythme est intense.
Une scène résume assez bien leurs débuts : pendant la Coupe du monde de football, certaines soirées se passent devant les matchs… avec la télévision en fond et les ordinateurs ouverts pour préparer les devis Brumest et les envoyer sous 24 h.
Une anecdote qu’ils racontent aujourd’hui avec le sourire et qui illustre parfaitement ce premier été : il faut apprendre vite, répondre vite et s’adapter.
Car la réactivité est justement l’une des grandes forces de Brumest. Lorsqu’une vague de chaleur arrive, les clients ne veulent pas être livrés plusieurs semaines plus tard. L’entreprise s’appuie donc sur un atout essentiel : toujours du stock.
Et leur premier été va rapidement leur montrer le revers très positif de cette stratégie. Face au nombre de commandes, leur premier problème devient… le manque de place pour stocker.
Aujourd’hui basés à la Pépinière de Bergheim, Patrick et Nicolas commencent donc déjà à réfléchir à des locaux plus adaptés, avec davantage d’espace de stockage et, à terme, un atelier.
Bien plus que rafraîchir une terrasse
C’est aussi durant ces premiers mois qu’ils mesurent pleinement la diversité des applications de la brumisation haute pression. Car chez Brumest, chaque projet est pensé sur mesure.
La technologie peut permettre de réduire sensiblement la température grâce à une eau propulsée à haute pression et transformée en microgouttelettes extrêmement fines. Mais rafraîchir n’est qu’une partie de ses possibilités.
À Haguenau, la brumisation trouve sa place dans l’espace urbain. Des installations équipent également le camping de Riquewihr, ou encore les ateliers de Spurgin ou Daramic, avec des applications industrielles en intérieur.
Dans le monde agricole, elle permet de rafraîchir les animaux lors des fortes chaleurs, notamment dans les élevages de volailles.
Dans les écoles, les crèches et les collectivités, elle contribue à créer des zones de fraîcheur dans les cours et à aménager les espaces urbains.
Dans l’industrie, des systèmes de ventilation et de brumisation permettent de rafraîchir certains ateliers ou les groupes de froid.
Pour les cafés, hôtels et restaurants comme pour l’événementiel, des solutions mobiles permettent de rafraîchir les terrasses et les événements en extérieur.
Et les demandes dépassent largement l’Alsace : Brumest intervient partout en France, reçoit notamment des sollicitations de Bretagne, et compte également des clients en Belgique et en Suisse.
Rafraîchir, mais aussi abattre les poussières
Autre utilisation moins connue : la brumisation permet également d’abattre les poussières en suspension. Une propriété qui ouvre la porte à de nombreuses applications industrielles et sur les chantiers.
Parmi les références les plus emblématiques figure un chantier hors norme : Notre-Dame de Paris, où la brumisation a été utilisée dans le cadre de la problématique des poussières de plomb.
Rafraîchir, protéger, abattre les poussières, améliorer les conditions de travail des salariés : autant d’usages qui confortent Patrick et Nicolas dans une conviction : la brumisation haute pression reste encore largement à faire connaître.
Préserver le savoir-faire, apporter leur propre expertise
Leur priorité n’est pourtant pas de bouleverser Brumest. Ils ont repris une entreprise qui fonctionne, avec un savoir-faire, de belles références, une clientèle et une véritable force en matière de réactivité.
En revanche, ils identifient rapidement certains territoires encore peu exploités, notamment le digital. C’est ici que leurs parcours professionnels respectifs prennent tout leur sens.
Nicolas apporte son expérience marketing et commerciale, avec l’objectif de développer la visibilité de Brumest, structurer son développement commercial et conquérir de nouveaux marchés.
Patrick met à profit son profil informatique pour travailler sur les outils, les process et l’automatisation. Il commence notamment à intégrer l’intelligence artificielle dans le fonctionnement de l’entreprise afin d’automatiser certaines tâches, fluidifier les processus, optimiser l’organisation et gagner du temps sur les opérations à faible valeur ajoutée.
Préserver. Digitaliser. Structurer. Développer.
Et demain ?
Les idées ne manquent pas.
Aujourd’hui, Brumest sélectionne et revend des solutions existantes. Mais les deux associés commencent déjà à s’interroger : pourraient-ils, demain, concevoir et développer leur propre gamme ? La réflexion est ouverte.
Ils souhaitent également développer un réseau de partenaires, notamment des plombiers et des électriciens, capables d’installer les solutions Brumest chez leurs propres clients. Un modèle qui pourrait permettre à l’entreprise d’étendre son maillage territorial et de développer davantage le marché des particuliers, tout en restant fidèle à son fonctionnement agile.
À trois ans, Patrick et Nicolas commencent déjà à dessiner leur horizon : développer leur propre gamme, renforcer fortement la notoriété de Brumest et démocratiser la brumisation haute pression. Avec une ambition qu’ils assument pleinement : faire de Brumest un fleuron alsacien.
Faire connaître aussi une autre manière d’entreprendre
De cette aventure, Patrick et Nicolas retiennent déjà autre chose : la reprise est aussi une formidable façon d’entreprendre. Créer à partir d’une page blanche n’est pas la seule voie.
Reprendre permet de s’appuyer sur un chiffre d’affaires existant, une clientèle, des références, des fournisseurs, un savoir-faire et une histoire, puis d’y apporter progressivement sa propre vision.
Une expérience qu’ils aimeraient aujourd’hui partager pour contribuer, à leur échelle, à « évangéliser » la reprise d’entreprise et donner envie à d’autres entrepreneurs de considérer cette voie.
Un accompagnement qualitatif et pertinent
Pour franchir le pas, Patrick et Nicolas ont été accompagnés par Jean Golder, du cabinet Michel Simond Alsace. De l’annonce repérée en juillet 2025 jusqu’à la signature, il les a suivis tout au long du processus, a facilité les échanges entre les différentes parties et contribué à sécuriser le chemin jusqu’à la transmission.
Transmettre une entreprise, ce n’est pas mettre un point final à son histoire. C’est permettre à d’autres de poursuivre le récit. Pour Brumest, Patrick et Nicolas viennent tout juste de commencer à écrire le prochain chapitre.
Contact Brumest
22 route de Colmar, 68750 Bergheim
03 67 30 13 25
www.brumest.com


